...Songes & ParadoKs...

Le jour où...

J'ai arrêté de penser à ma fin le jour où je me suis rendue compte que j'étais trop lâche pour être égoïste...

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Une double n'est pas deux simples

Pas deux fois la même
Entre celle que tu vois seul et entourée,
Entre celle que tu peux lire et que tu peux entendre,
Entre celle qui parait et qui est,
Entre aujourd'hui et hier,
Entre demain et jamais.

Pas deux fois
La même création
La même fabrication
La même intention

Jamais deux pareils
Pas de répétition
Pas de copies non plus
Que de l'unique, du multiple, du singulier,
Dans le moment
Dans l'envie.
Peut-être des ratures, des regrets,
De l'insatisfaction,
Espoir de recommencer,
Et se tarir avant la réplique.

Il n'y a que le tourbillon inconscient,
Paternel créateur, dans lequel je rechute,
En espérant changer de branche à laquelle me raccrocher,
Mais vient toujours la vague étourdissante,
Me laisse submergée jusqu'à l'oubli, rires et inconscience.

 

Je mourrai le jour le plus heureux de ma vie.

 

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Mémoires du corps

Balade (dés)hormonale, niveau 3. Peut-être plus, mais qu'en sais-je ?

Premier pas :
Je m'endors. Non, il ne me laisse pas.
Non, non, arrête. Pas là, s'il te plait.
Je ne peux pas parler plus fort, trop de gens proches et proche.
Tant pis, laisse le faire. Il n'y a qu'une première fois, et ce ne sera pas la bonne. Les suivantes ne le seront pas non plus.
Je suis fière d'abord d'avoir franchi ce cap. Ça me donne une cote incroyable auprès de mes amis... vous avez dit amis ?...
Viens le moment d'ouvrir les yeux, le moment de la honte.
Enfouir ça. Même si des mots sortent, le schéma se met en place, je suis faiblesse malléable, abnégation généreuse ; j'endosse la responsabilité, j'avais qu'à être plus forte.

Deuxième pas :
Et oui, à force de faire n'importe quoi dans le brouillard de l'insouciance, je vais devoir y passer...
Deux pilules oubliées en vacances, deux cachetons à prendre à l'hosto.
Douleurs atroces, aucune estime pour ma souffrance, abandon. Je me vide et me déverse. Des crampes à vouloir y rester. Je lâche tout ce que contient mon utérus, au moins on en parlera plus... Et je tire la chasse.
Je pars de cet enfer blanc et rose puant le lait maternel et la compassion pour la jeunesse désoeuvrée. J'erre. Rue, route, appartement.
J'assume. Seule. Retrait.
Chaque mois, je revis cette sanction. Autopunition qui se vide dans les toilettes.

Troisième pas :
Pour que nos étreintes ne soient ni rognées ni faussées, à n'importe quel improviste.
Introduction première, contraction, sursaut. Respire.
Insertion du dispositif. Déchirement intérieur, chairs offensées. Bond, recul. Cri. Et en plus il m'engueule ce con !
Je me rhabille et le paye. Je me sens sale.
Une angoisse monte, des larmes s'arrêtent au bord.
Mon ventre est une crispation permanente, un gonflement répugnant et insupportable. Je ressens comme une pitié pour cette partie de mon corps qui souffre encore une fois. J'aimerai le soulager. Prendre une serpe et m'asexuer comme dans un de mes rêves.
Comme pour me répondre, la douleur s'intensifie, se propage, je ne tiens plus debout, je vomis presque.
Je marche jusque chez moi, respiration intense. Les 400mg que je viens de prendre commencent à faire leur effet. Je reprends la force de me masquer derrière une expression presque naturelle. Je reste sur cette cuvette, comme si les contractions allaient s'y évacuer. Rien, mais j'ai cette foutue impression que ça me soulage.

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Homo pesti

Tout ne tiens qu'à un fil
Du fil au rasoir
Carnaval de masques
Métaphore filée
A la pêche
Rien ne vaut le coup
Poing à la ligne
Un point, c'est tout
Justice
Conscience
Petite voix
Voie étriquée
Ego Ego Ego
Humains de merde
A détruire
Compte à rebours
Maîtres du monde
Juste des enfants
Appuient sur le bouton
Envahir, posséder
Persécuter, assécher
Annihiler toute vie
Passage destructeur
A bout de souffle
Espoir persistant
Putain d'instinct
Survie pour tous

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Chocolat et confiance

La mauvaise bile remonte et m'envahit.
Submergée, embrouillée, barbouillée, vision fouillis et griffonnée. Foie et Foi se disloquent.
L'unique hasard ne fait plus si bien les choses, il ne les fait plus du tout.

Il faut rester impassible en attendant que la page se déblanchisse, alors que les visions se noircissent - vieux démons à la surface.

Empoisonnement des tripes ; atrabile, que je suis heureuse d'enfin pouvoir te nommer, toi qui m'as toujours accompagnée.

Je supporte mal de rester ainsi, la rage et la colère me conquièrent, enfiévrant mon front, sonnant mes tempes et mes paupières.
Le malaise me porte au cœur, me fatigue, je vais vomir... que sortira-t-il de ma bouche ?
Me libérerai-je de ce dégoût et des cubes au chocolat qui m'empoisonnent ?
Juste un cri.
Quand la crise de foie s'installe et se diffuse, l'œuf s'échappe et s'empare des espérances.

Autrefois on pensait que l'organe vital et émotionnel était l'estomac ; voilà que celui-ci se contracte, se tord, l'acide se fait plus mauvais qu'utile.

Aucun soulagement n'est connu, si ce n'est le temps qui rétablit les équilibres.
Vider son corps et son esprit, les purger, les assainir. Bien doser et choisir ce avec quoi les remplir à nouveau.

Attendre. Je suis forte, ça passera.

 

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